Carrière
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Journée de la femme

8 mars 2007. Il y a 10 ans. C’est la journée qu’elle a choisie pour mourir. Elle s’appelait Janine.

Née en France en 1922, elle habitait dans une petite ville de 6000 habitants. Elle qui rêvait de faire du théâtre a plutôt commencé à travailler dans une usine dès l’âge de 14 ans.

Quelques années plus tard, Janine tomba amoureuse de Georges, qu’elle épousa à 20 ans, en mai 1942. Février 1943, Georges fut déporté en Pologne, occupée alors par les Allemands. Trois mois passèrent et Janine accoucha de sa première fille, dans des conditions qu’on ne connaîtra heureusement jamais. C’était en avril 1943. Son mari, en permission, vint la voir et repartit aussitôt.

Ils ne se reverront qu’en juillet 1945. À la fin de la guerre.

Janine eut ensuite deux autres enfants, un garçon et une autre fille comme petite dernière, en 1953. Six ans plus tard, elle retourna travailler comme femme de ménage. Son mari venait de faire faillite. Déménagés à Paris, ils habitaient deux chambres, sans frigo. Les toilettes étaient à l’étage. Il n’y avait ni bain, ni douche. Tous les cinq : Janine, son mari et leurs trois enfants.

Janine cumula différents emplois, passant de promeneuse d’enfants à promeneuse de chiens pour ensuite travailler dans une buanderie.  À l’été 1961, elle s’offrit même comme cuisinière au camp de vacances dans lequel sa plus jeune fille allait, question de pouvoir en défrayer les coûts.

C’est en août 1961, alors que le camp n’était pas encore terminé, qu’elle et sa famille plièrent bagages direction Québec, Canada. Elle prit le train de la colonie avec la plus jeune, récupéra son fils en chemin et rejoignit son mari et sa fille ainée à Paris. De là, ils prirent le train pour Le Havre, avec trois malles et deux valises. Elle fut malade pendant la majorité du trajet. Sept jours de traversée par bateau.

Arrivée sur la terre promise le 9 août 1961, Immigration Canada, dans le port de Québec, hébergea la famille entière. Et rebelotte, elle travailla en cuisine au Château Frontenac, puis ensuite à la buanderie de l’hôpital de l’Enfant Jésus. Son mari, quant à lui, travaillait dans différentes villes : Granby, Montmagny, Montréal, Sept-Iles, etc. Georges n’était présent auprès de sa famille que les fins de semaine.

Janine termina sa course folle après avoir été gardienne à domicile, à Québec, à Sept-Iles, à Ottawa, quelques 22 enfants plus tard.

Enfin, elle eut le droit de prendre une pause.

De ses trois enfants, Janine reçu le cadeau de 8 petits enfants et de 11 arrières petits-enfants.

À son retour à Québec en 1981, elle œuvra comme bénévole auprès des malades en centre d’hébergement longue durée, gâta ses petites filles (et son petit fils) et prit le temps. Elle prit son temps, le temps qu’elle n’avait jamais eu jusqu’alors.

Et, une nuit, Janine s’est éteinte. C’était le 8 mars 2007.

Janine, c’était ma grand-mère. Sa petite dernière : ma mère.

Ma mère, graduée d’une technique au niveau collégial, dans un créneau atypique pour les femmes, obtint un bon travail, syndiqué, avec de belles conditions. En 1978, elle eut droit à deux mois de congé de maternité à la suite de ma naissance.

Pendant des années, elle et sa génération se sont battues pour l’équité salariale, l’accès à des emplois non traditionnels, l’accès à l’emploi tout court… Elles se sont battues pour la reconnaissance des tâches ménagères, le soutien à l’éducation à la maison, le droit de rester auprès de leurs enfants à la maison, sans pour autant perdre tous leurs droits. Elles se sont battues contre le sexisme, le harcèlement. Entre autres choses.

Et, il y a moi. Aujourd’hui, le 8 mars 2017.

J’ai eu la chance d’aller à l’université. J’ai la possibilité de faire un travail que j’aime et qui me passionne. Il y a quelques années, j’ai pu bénéficier d’un congé de maternité de plus d’un an. Depuis, je vis le partage des tâches et la conciliation travail-famille. À tous les jours.

Aujourd’hui, je me souviens. Et je dois me souvenir, tous les autres jours qui suivront, que ce que j’ai le privilège d’avoir, de connaître et de vivre dans ma vie personnelle, familiale et professionnelle, je le dois aux sacrifices de ma grand-mère et aux batailles de ma mère.

Janine, maman. Merci.

Les femmes & le marché de l’emploi

Le marché de l’emploi a évolué depuis les dernières années, son visage a changé. Voici quelques statistiques qui en témoignent positivement et qui nous laissent croire que le meilleur est à venir!

« Alors qu’au début des années 1990, moins de la moitié des travailleuses détenaient une scolarité supérieure, soit de niveau collégial technique ou universitaire, aujourd’hui, plus de 70 % d’entre elles se retrouvent dans cette situation. »1

« Un des faits les plus marquants du marché du travail des 35 dernières années est la forte progression de la participation des femmes. Elles détiennent près de la moitié de l’ensemble de l’emploi en 2015 comparativement à moins de 40 % il y a 35 ans. »2

« La croissance marquée de l’emploi des femmes s’est également traduite par une plus grande présence dans le travail autonome au fil du temps. Elles en accaparent aujourd’hui environ 40 %. »3

Le tiers des entrepreneurs du Québec sont des femmes. Toujours au Québec, 19 % de l’ensemble des petites entreprises appartiennent majoritairement à des femmes.4

« Les femmes s’établissent en affaires en moyenne à l’âge de 34 ans. »5

Le saviez-vous ? « Ce n’est qu’au milieu des années 60 que la femme mariée a acquis le droit de contracter un prêt à la banque et en 1973 qu’elle a pu signer le contrat d’une hypothèque. Avant cela, il lui était impossible, voire inimaginable, d’entreprendre un projet d’affaires! »6

« Le Régime québécois d’assurance parental offre depuis maintenant plus de 10 ans un régime de remplacement de revenu destiné aux salariés et aux travailleurs autonomes qui désirent prendre un congé entourant la venue d’un enfant. Tandis que depuis 2006, la proportion des mères prestataires qui utilisent des prestations parentales est stable à 98%, les pères prestataires sont quant à eux de plus en plus nombreux à prendre des prestations parentales passant de 31 % en 2006 à 35% en 2014. » 7

Être une femme en 2017 selon ProfessionELLE

« Au Québec et plus largement, au Canada, nous sommes privilégiées en comparaison des femmes de nombreux autres pays. L’égalité de droit est acquise. Aucun domaine de travail ne nous est, à priori, interdit. La maternité ne nous empêche pas de poursuivre une carrière brillante si nous le souhaitons. Les collègues de travail ou patrons masculins prennent de plus en plus conscience de l’apport incontestable des équipes mixtes et font des efforts en ce sens pour diversifier leur personnel », nous mentionne d’emblée Jannick Bouthillette.

Avec son acolyte Gaëlle Bodin, Jannick a cofondé ProfessionELLE. Leurs buts? Inspirer les femmes, alimenter leurs réflexions, les outiller et les informer à toutes les étapes de leur parcours professionnel.

Leur mission? Démontrer aux femmes qu’elles peuvent oser leur ambition, déconstruire certaines barrières, créer et développer un réseau solide, et apprendre à négocier efficacement !

Pourquoi avoir créé ProfessionELLE?

« Trop souvent j’ai entendu que les femmes ne savaient pas négocier leur salaire, ne comprenaient pas l’importance de développer un réseau actif, n’arrivaient pas à prendre la parole avec confiance en réunion. Nous nous reconnaissions dans ces affirmations et nous reconnaissions plusieurs de nos proches. Et, nous nous sommes demandé : mais où pouvons-nous l’apprendre? N’ayant pas trouvé la réponse, nous avons décidé de développer cette entreprise dédiée à la progression. »

« On véhicule actuellement un seul modèle de réussite professionnelle pour les femmes : celles qui occupent des postes de haute direction, celles qui ont fondé leur entreprise et qui bénéficient d’une grande visibilité médiatique. Nous trouvions qu’il manquait de diversité dans les modèles féminins affichant une ambition ou un succès », précise Jannick.

À qui s’adresse ProfessionELLE?

« Il est essentiel que notre message soit porteur pour un grand nombre de femmes. Toutes ne rêvent pas de devenir entrepreneures. Toutes ne souhaitent pas occuper des postes de haute direction. Mais un grand nombre d’entre elles se questionnent sur la meilleure façon de progresser dans leur travail. »

« Nous avions envie de dire aux femmes qui accordent une importance à leur progression professionnelle qu’elles trouveraient chez-nous les outils pour bâtir leur carrière en respect de leur ambition bien personnelle », mentionne fièrement la cofondatrice de ProfessionELLE!

Les défis pour une professionnelle en 2017

« Les défis sont nombreux et ils dépassent la simple question de la conciliation travail-famille, mentionne Jannick, bien que le casse-tête soit toujours réel. Qu’on pense aux femmes qui évoluent en milieu majoritairement masculin et qui ont de la difficulté à voir reconnaître leur crédibilité en restant elles-mêmes. Qu’on pense aux femmes qui reviennent d’un congé de maternité pour constater qu’on leur propose des mandats moins intéressants ou à celles qui perdent une partie de leurs responsabilités. »

« Et ce fameux défi de devoir bâtir sa marque personnelle pour continuer de progresser. Les femmes sont trop souvent modestes face à leurs bons coups et, par conséquent, brillent moins auprès des personnes clés de leur organisation. Quand vient le temps de promouvoir des employés, elles attendent plus longtemps sur le banc, car elles n’ont pas su afficher leur ambition et leurs succès. Le mythe de la méritocratie est trop bien ancré chez les femmes. »

ProfessionELLE est donc là pour vous outiller et vous épauler afin de relever tous ces défis !

Pour plus d’informations, consultez ProfessionELLE sur le Web et suivez-les via leurs pages Facebook et LinkedIn.

Complètement féminin!

Des ressources pour avancer, se questionner, se créer, s’améliorer, se positionner, se dépasser…en voici plusieurs !

Affaires & entrepreneuriat 

Conseil d’administration 

Droits & emploi 

Leadership 

Réseautage 

Sources & autres liens:

1-2-3 http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/travail-remuneration/bulletins/cap-remuneration-201603.pdf

4 Portrait statistique des femmes entrepreneures 

5-6 http://www.femmessor.com/files/documents/fm/c3/m-moire-femmessor-plan-d-action-galit-mcccf.pdf

7 http://www.cgap.gouv.qc.ca/publications/pdf/RQAP_bulletin-statistique_201606.pdf

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